Le président de la République Félix Tshisekedi a réaffirmé sa volonté de faire des corridors stratégiques un levier de transformation économique et d’intégration territoriale de la RDC, lors de la 86e réunion du Conseil des ministres du 24 avril 2026. Dans cette nouvelle orientation, les infrastructures de transport ne sont plus conçues comme de simples voies d’évacuation, mais comme des instruments de souveraineté économique et de compétitivité régionale.
Au cœur de cette vision, indique le compte rendu, le chef de l’État positionne la RDC comme un futur hub des échanges interafricains, capitalisant sur sa position géographique et ses connexions avec neuf pays voisins. Félix Tshisekedi veut faire des corridors structurants, de Banana à Lobito, en passant par les axes Sud, Est et Central, l’ossature d’une économie mieux connectée, capable de réduire les coûts logistiques et de stimuler les échanges commerciaux.
Parmi les projets jugés prioritaires, le corridor Ouest Banana-Boma-Matadi-Kinshasa est présenté comme un enjeu de souveraineté économique, adossé au port en eau profonde de Banana. Le corridor de Lobito, lui, est mis en avant comme une alternative stratégique pour les exportations minières, tandis que les routes nationales RN39, RN7 et RN8 sont appelées à soutenir l’intégration des bassins miniers, agricoles et forestiers.
À travers cette architecture logistique, Félix Tshisekedi cherche à inscrire les corridors dans une approche plus large de transformation productive, où infrastructures, commerce et industrialisation avancent de manière articulée. L’objectif affiché est de faire émerger une chaîne logistique continue au service d’un espace économique intégré et plus compétitif.
Pour accélérer la mise en œuvre, selon la même source, le président de la République a instruit le gouvernement de renforcer la coordination autour de la Direction générale des corridors de développement industriel (DGCDI), avec un suivi étroit sur la performance et la redevabilité des projets. Il a également mobilisé les ministères des Finances, des Infrastructures et de l’Aménagement du territoire pour structurer les financements, notamment via des partenariats public-privé et engager les travaux prioritaires sur les axes critiques.
À travers cette impulsion, Félix Tshisekedi cherche à repositionner les corridors non seulement comme des infrastructures de transport, mais comme des accélérateurs de croissance, au moment où la RDC veut mieux connecter ses provinces, valoriser ses chaînes de valeur et renforcer son rôle économique sur le continent.
Nervy Kadiebue