BREAKING

mercredi, mai 6, 2026
A la une

Kinshasa Kia Mona : 43 159 hectares de Maluku déclarés d’utilité publique pour structurer l’expansion urbaine

Le gouvernement congolais a franchi une étape décisive dans le gigantesque projet d’extension de la ville de Kinshasa. Un vaste périmètre de 43 159 hectares situé dans la commune de Maluku a été déclaré d’utilité publique par la ministre des Affaires foncières, à travers un arrêté ministériel, officialisant ainsi le lancement de cette initiative structurante pour l’avenir urbain de la capitale.

Cette décision s’inscrit dans une stratégie de réponse à la pression démographique et à l’expansion désordonnée de Kinshasa. Dans le document officiel, les autorités justifient cette orientation par la nécessité « d’aérer, de décongestionner et de dédensifier la Ville de Kinshasa », tout en encadrant son développement futur à travers une planification structurée.

Le projet d’extension de Kinshasa, connu sous le nom de « Kinshasa Kia Mona », prévoit une organisation spatiale ambitieuse articulée autour de plusieurs zones fonctionnelles. Il est notamment question d’une zone d’aménagement urbain de plus de 18 000 hectares, de deux zones industrielles totalisant près de 10 000 hectares, ainsi que d’une zone agricole dépassant 8 000 hectares. À cela s’ajoutent une zone logistique, des réserves pour infrastructures lourdes (pont-route-rail), une marina et une trame verte dédiée à la préservation des écosystèmes.

Sur le plan foncier, le périmètre concerné n’est pas vierge. Il englobe des terres déjà occupées par des détenteurs de droits de propriété, de concession ou de location. En conséquence, la déclaration d’utilité publique ouvre la voie à des procédures d’expropriation, conformément aux lois en vigueur en République démocratique du Congo, notamment celles relatives au régime foncier et à l’expropriation pour cause d’utilité publique.

Plusieurs villages du groupement Nguma et des environs sont directement impactés, parmi lesquels Bangala, Bende Bende, Binza, Inko, Karo, Kimpeti et Mambutuka. Pour ces populations, le projet implique potentiellement des opérations de relocalisation et d’indemnisation, dont les modalités concrètes restent attendues.

Au-delà de son impact social, ce chantier porte des enjeux économiques majeurs. La création des zones industrielles et logistiques ouvre des perspectives en matière d’investissements, de création d’emplois et de structuration de nouvelles chaînes de valeur autour de Kinshasa. L’ambition affichée est de bâtir une ville moderne, intégrée et durable, capable de soutenir la croissance de la capitale sur le long terme.

Avec cet arrêté, le ministère des Affaires foncières pose les bases juridiques d’un projet d’envergure nationale. Sa concrétisation dépendra désormais de la capacité des autorités à mobiliser les financements, à garantir une gouvernance efficace et à concilier impératifs économiques et réalités sociales sur le terrain.

Nervy Kadiebue

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *