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mercredi, mai 6, 2026
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La RDC porte à 500 000 tonnes ses exportations de cuivre prévues vers les États-Unis

La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, le 16 avril 2026, une forte révision à la hausse de ses ambitions d’exportation de cuivre vers les États-Unis, désormais fixées à 500 000 tonnes métriques. L’opération est pilotée par la Gécamines, en partenariat avec le négociant suisse Mercuria Energy Group et avec l’appui de la U.S. International Development Finance Corporation, dans un contexte de compétition accrue autour des minerais stratégiques.

Selon le média Semafor, qui cite un prospectus de dette souveraine récemment déposé à Londres, ce volume est cinq fois supérieur à l’engagement initial pris en janvier par la Gecamines, fixé à 100 000 tonnes de cuivre destinées au marché américain. Cette montée en puissance traduit à la fois l’accélération des initiatives congolaises et l’intérêt stratégique des États-Unis pour sécuriser leurs approvisionnements en métaux essentiels à la transition énergétique.

Au centre de cette dynamique, la Gécamines cherche à convertir ses participations minoritaires dans plusieurs grands projets miniers en volumes physiques de cuivre directement commercialisables. Son portefeuille comprend notamment Kamoto Copper Company, exploitée par Glencore, ainsi que Tenke Fungurume Mining, opérée par des groupes chinois et considérée comme l’un des gisements de cuivre-cobalt les plus riches au monde.

Cette stratégie marque un repositionnement de l’État congolais, qui entend tirer davantage de revenus de ses actifs miniers en renforçant son contrôle sur la commercialisation. Si Mercuria demeure pour l’heure l’acteur chargé des ventes, la Gécamines s’emploie à structurer progressivement une activité propre de négoce, avec l’objectif de gagner en autonomie.

Selon certaines analyses, cette évolution suppose toutefois des capacités renforcées, notamment en matière de financement, d’assurance et de gestion des risques. L’accès direct aux marchés internationaux reste un défi, dans un secteur dominé par de grands négociants disposant de réseaux bien établis.

Portée par une demande mondiale soutenue, alimentée par l’essor des véhicules électriques, des énergies renouvelables et des infrastructures numériques, la filière cuivre congolaise a atteint environ 3,5 millions de tonnes métriques en 2025. La RDC consolide ainsi sa position de deuxième producteur mondial, tout en cherchant à capter une part plus importante de la valeur générée par ses ressources naturelles.

Nervy Kadiebue

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