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mercredi, mai 6, 2026
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Sous-traitance minière en RDC : les marchés déclarés chutent de 30 % en 2025 après une année 2024 record

En République démocratique du Congo, le volume des marchés de sous-traitance déclarés par les entreprises principales a fortement reculé en 2025, selon le dernier rapport statistique de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), couvrant la période 2023-2025.

Évalués à 1,713 milliards de dollars, ces marchés enregistrent une baisse de 30,2 % par rapport à 2024 avec une réponse particulièrement marquée dans les provinces minières du Lualaba et du Haut-Katanga. La contraction représente près de 743 millions de dollars perdus en une année, rompant avec la dynamique de croissance liée entre 2023 (2 001 milliards USD) et 2024 (2 456 milliards USD. Ce retour intervient dans un contexte où la sous-traitance minière s’était imposé comme un levier clé d’intégration des entreprises locales dans la chaîne de valeur extractive.

Dans les zones de production, le choc est brutal. Le Lualaba enregistre la plus forte baisse avec des marchés déclarés passant de 1,718 milliards à 943,4 millions de dollars, soit une chute d’environ 45 %. Le Haut-Katanga suit la même trajectoire, reculant de 403 millions à 246,6 millions de dollars (-39 %). Deux provinces qui concentrent l’essentiel de l’activité cuprifère du pays.

Mais au-delà des chiffres globaux, ce sont les écarts entre opérateurs qui interpellent. Le cas de Kamoa Copper marque une rupture nette : après avoir presque triplé ses marchés déclarés entre 2023 (262,9 millions USD) et 2024 (646 millions USD), l’entreprise n’affiche plus que 696 231 dollars en 2025. Une quasi-disparition statistique qui contraste avec son poids réel dans le secteur.

Même tendance baissière pour Kamoto Copper Company (KCC), dont les marchés déclarés chutent de 419 millions à 196 millions de dollars en un an, soit un recul d’environ 53 %. À l’opposé, certains acteurs affichent une dynamique inverse.

Tenke Fungurume Mining (TFM) tire son épingle du jeu avec une progression de 61 %, ses marchés passant de 296,2 millions à 476,8 millions de dollars. Sicomines suit la même tendance, en hausse de 23 %, avec un volume atteignant 627,1 millions de dollars en 2025. Cette évolution bénéficie à plusieurs sous-traitants, notamment CRSN Construction minière et Nenda Mbele SAS, dont les contrats progressent considérablement.

Au final, le rapport met en lumière un marché de la sous-traitance minière à deux vitesses. Entre baisse brutale chez certains grands donneurs d’ordre et montée en puissance d’autres, les chiffres de 2025 traduisent moins un recul uniforme qu’une recomposition du secteur.

Reste une question majeure : cette chute reflète-t-elle une baisse réelle des contrats ou des failles dans la déclaration des marchés ? Dans un secteur où la transparence reste un enjeu central, la réponse à cette question pourrait redéfinir la lecture des performances économiques du pays.

Nervy Kadiebue

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