Le Président Félix Tshisekedi a ordonné le lancement, dans un délai de 30 jours, d’un audit sur le rapatriement des recettes d’exportation et la gouvernance des actifs miniers de l’État, dans le but d’améliorer la captation des revenus issus du secteur extractif. L’annonce ressort du compte rendu de la 87e réunion du Conseil des ministres tenu vendredi 24 avril, où l’exécutif a également relevé que la faiblesse du secteur ne se situe pas dans la production, mais dans la chaîne de transformation de cette richesse en recettes publiques.
Selon le gouvernement, la RDC a atteint des niveaux historiques avec 3,1 millions de tonnes de cuivre et près de 220.000 tonnes de cobalt exportées en 2024, tandis que les exportations de cuivre ont progressé à 3,403 millions de tonnes en 2025. Malgré ces performances, l’exécutif estime que des faiblesses persistent dans le rapatriement des devises, la traçabilité des flux et la mobilisation optimale des recettes publiques.
Pour y répondre, le Chef de l’État a instruit plusieurs institutions, dont les ministères sectoriels, l’Inspection générale des finances et la Gécamines, de conduire un audit visant à identifier les manquements, évaluer les revenus non perçus et proposer des mesures de redressement. Il a aussi exigé l’interconnexion des administrations impliquées dans la chaîne minière, notamment l’OGEFREM, l’OCC, la DGDA, la Banque centrale du Congo et les banques commerciales, pour assurer le suivi des flux, de l’exportation jusqu’à l’encaissement public.
À travers ces mesures, le gouvernement place la gouvernance minière au centre des enjeux macroéconomiques avec pour objectif de mieux convertir la performance des exportations en recettes budgétaires et en réserves de change, dans une logique de consolidation de la souveraineté monétaire.
Les premières conclusions sont attendues pour le 15 juin 2026, date à laquelle les résultats des réflexions engagées devront être présentés. Cette orientation prolonge, selon la même source, une dynamique visant à renforcer le contrôle public sur la rente minière et à corriger les failles structurelles dans la captation des revenus du secteur.
Nervy Kadiebue