En l’espace d’une semaine, la monnaie nationale de la République démocratique du Congo s’est nettement dépréciée face au dollar américain. D’après les dernières statistiques publiées par la Banque centrale du Congo, le franc congolais a perdu plus de 3 % de sa valeur au taux indicatif, signe de tensions persistantes sur le marché des changes.
Au 16 février 2026, le taux indicatif s’est établi à 2.247,78 CDF pour un dollar, contre 2.175,70 CDF une semaine plus tôt, soit une dépréciation de 3,31 % sur le marché interbancaire. Cette évolution reflète une pression accrue sur la devise nationale, dans un contexte de forte demande en devises, notamment pour le financement des importations de biens essentiels et les opérations des entreprises.
Sur le marché parallèle, la dynamique s’est révélée légèrement différente. Le dollar s’y est échangé à 2.300 CDF, enregistrant une appréciation marginale de 0,45 % par rapport au 6 février. Ce contraste entre les deux segments du marché met en lumière des ajustements ponctuels de l’offre de devises dans le circuit informel, généralement plus sensible aux variations de liquidités à court terme.
Les tensions observées au taux indicatif traduisent des déséquilibres structurels persistants. L’économie congolaise demeure fortement dépendante des importations et marquée par une dollarisation élevée des transactions. Dans ces conditions, la moindre contraction des entrées de devises (qu’il s’agisse des recettes issues des exportations minières, des transferts de la diaspora ou des financements extérieurs) se répercute rapidement sur la parité du franc congolais.
Face à ces pressions, la Banque centrale est appelée à mobiliser ses instruments de régulation, notamment à travers une gestion prudente des réserves internationales et des interventions ciblées afin de contenir la volatilité. À moyen terme, les analystes s’accordent toutefois sur un point : la stabilisation durable de la monnaie nationale passera avant tout par le renforcement de la production locale, la diversification des exportations et l’amélioration du climat des affaires.
Au-delà des indicateurs financiers, la trajectoire du franc congolais demeure un baromètre sensible du pouvoir d’achat des ménages. Toute dépréciation prolongée renchérit le coût des importations et risque d’alimenter l’inflation sur les produits de base. Dans un environnement socio-économique déjà contraint, la stabilité du taux de change reste ainsi un enjeu central pour la préservation des équilibres macroéconomiques.
Gedeon Tshangomba