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lundi, août 31, 2026
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Quand les collations des grades paralysent Kinshasa

La célébration des nouveaux diplômés a cédé la place à un spectacle bien trop familier pour les Kinois : celui d’une capitale totalement asphyxiée. Alors que les cérémonies de collation des grades se sont multipliées ces derniers jours dans les universités et instituts supérieurs, plusieurs communes de la ville se sont retrouvées engorgées, transformant chaque déplacement en un éprouvant parcours d’obstacles.

Parmi les zones les plus affectées, la commune de Limete a vu ses principaux axes saturés sous la pression combinée des étudiants, des familles et des cortèges de véhicules convergeant vers les lieux de fête. Le constat est tout aussi amer à la Gombe, cœur décisionnel et académique de la capitale. Les embouteillages s’y sont étirés sur plusieurs kilomètres, paralysant transports en commun et véhicules particuliers sans distinction.

Un manque d’anticipation pointé du doigt

Pourtant, cette congestion était largement prévisible. Inscrit au calendrier académique plusieurs semaines à l’avance, l’événement draine chaque année des dizaines de milliers de personnes dans les mêmes artères de la métropole. Dès lors, le manque de préparation des services de voirie et de sécurité suscite l’incompréhension.

L’absence de déviations signalées, la rareté des agents de la Police de circulation routière (PCR) aux carrefours stratégiques et le manque de coordination avec les directions universitaires ont directement aggravé la situation, condamnant les usagers à des heures de blocus.

Les limites de la mobilité urbaine à Kinshasa

Si l’indiscipline des conducteurs est fréquemment pointée du doigt, cet épisode remet en surface les défaillances structurelles de la gestion de la mobilité dans une mégapole de près de vingt millions d’habitants. Qu’ils soient académiques, sportifs, religieux ou politiques, les événements de grande ampleur y sont encore trop souvent gérés dans l’urgence.

De leur côté, les autorités universitaires se sont contentées de rappeler les directives du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), notamment l’interdiction du port de la toge pour les étudiants de licence. Une mesure d’harmonisation académique qui reste toutefois sans impact sur le défi logistique majeur que représente la gestion de ces foules.

Alors que le moindre incident suffit désormais à bloquer la capitale, une question s’impose avec insistance : Kinshasa peut-elle encore se passer d’un véritable plan d’anticipation et de régulation de son trafic ? Pour les usagers excédés, l’urgence ne réside plus dans les discours, mais dans la capacité des autorités urbaines à garantir enfin la fluidité de la ville.