BREAKING

mardi, mai 12, 2026
Actualités

Chute du prix de cacao : le gouvernement planche sur des mesures de soutien à la filière

Le gouvernement congolais a examiné, vendredi 8 mai 2026 à Kinshasa, la crise qui frappe actuellement la filière cacao en République démocratique du Congo. Réuni lors de la 88ème Conseil des ministres, l’Exécutif a analysé le dossier présenté par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, sur la chute continue des cours mondiaux du cacao et les mécanismes envisagés pour protéger les producteurs locaux, selon le compte rendu officiel.

Dans son intervention, le ministre du Commerce extérieur a expliqué que cette baisse « brutale, sensible et continue » des prix sur le marché mondial résulte principalement de trois facteurs : l’excédent de l’offre attendu pour la campagne 2025-2026, la reconfiguration de la demande de l’industrie chocolatière européenne ainsi que le manque de coordination entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, les deux principaux producteurs ouest-africains.

Les données de la Commission nationale des mercuriales (CNM) présentées au Conseil montrent l’ampleur du recul du marché. Entre le 6 et le 11 avril 2026, le cacao s’est négocié à 3,09 USD le kilogramme, contre 5,85 USD en décembre 2025. En décembre 2024, les cours avaient atteint des sommet historiques proches de 11 USD le kilogramme sur les marchés internationaux. Cette baisse rapide réduit fortement les revenus des producteurs et fragilise davantage une filière encore peu structurée.

Le ministre du commerce extérieur estime également que plusieurs contraintes internes aggravent l’impact de cette crise sur les producteurs congolais. Parmi les difficultés relevées figurent la fragmentation de l’offre, le déficit de qualité et de transformation locale ainsi que les problèmes logistiques qui affectent la compétitivité des exportations agricoles du pays.

Pour limiter les effets de la spéculation et soutenir les agriculteurs, Julien Paluku dit privilégier une stratégie fondée sur la dynamique du marché plutôt qu’un contrôle administratif des prix. Cette approche s’articule autour de la diversification des marchés d’exportation, de l’amélioration de la qualité du cacao congolais et du renforcement des capacités de production afin de stabiliser la filière, considérée comme un secteur agricole stratégique.

Au cours de la même réunion, poursuit le même document, le ministre a également informé le conseil des préparatifs du troisième examen des politiques commerciales de la RDC par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), prévu à Genève les 28 et 30 octobre 2026. Une mission technique du secrétariat de l’OMC est attendue à Kinshasa du 11 au 15 mai afin d’évaluer plusieurs secteurs clés, notamment le commerce extérieur, les douanes, l’agriculture, les mines, les services et les investissements.

Nervy Kadiebue

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *