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jeudi, mai 28, 2026
Afrique Économique

Ebola : les dirigeants africains lancent un plan de riposte de 319 millions USD pour éviter une propagation régionale de l’épidémie

Les dirigeants africains et les partenaires internationaux de la santé ont alerté sur les risques sanitaires et économiques liés à l’aggravation de l’épidémie d’Ebola causée par la souche Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda. Réunis ce lundi 25 mai 2026 lors d’une réunion ministérielle virtuelle organisée par le Africa CDC et l’Union africaine, ils ont validé un plan continental de préparation et de riposte estimé à 319 millions de dollars américains pour la période allant de juin à novembre 2026.

Selon Africa CDC, ce financement doit permettre de renforcer les opérations de contrôle dans les pays touchés et d’améliorer la préparation sanitaire dans au moins onze États membres considérés à haut risque. L’institution panafricaine a également indiqué que près de 500 millions USD avaient déjà été engagés ou promis par des gouvernements, des agences multilatérales et des partenaires humanitaires afin de soutenir la riposte régionale.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, également champion de l’Union africaine pour la prévention et la riposte aux pandémies, a annoncé le doublement de la contribution de son pays à la réponse continentale contre Ebola. « Les pays africains ont déjà versé des contributions nationales initiales représentant environ 10 % du financement requis. L’Afrique n’attend plus passivement que les autres agissent », a-t-il déclaré.

Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a estimé que cette crise révélait l’urgence d’investir davantage dans les systèmes de santé africains, notamment dans la surveillance épidémiologique, les centres d’opérations d’urgence, les capacités de laboratoire et la production locale de vaccins et traitements. « Les problèmes africains exigent un leadership et une responsabilité africains », a-t-il affirmé.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que les équipes sanitaires étaient confrontées à une propagation rapide de l’épidémie dans l’est de la RDC. « Nous sommes confrontés à une épidémie extrêmement grave et difficile à gérer. La situation va s’aggraver avant de s’améliorer. Mais nous connaissons ce virus et nous savons comment l’arrêter », a-t-il déclaré. L’OMS a déjà débloqué 3,9 millions USD de son Fonds de réserve pour les situations d’urgence afin de soutenir les opérations sur le terrain.

Les autorités sanitaires font face à plusieurs contraintes majeures, notamment l’insécurité persistante dans l’est de la RDC, les déplacements de populations, les attaques contre certaines infrastructures sanitaires et l’absence de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo. Ces difficultés compliquent les opérations de surveillance, de traçage des contacts et de prise en charge des cas suspects.

Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a appelé à un renforcement de la coordination régionale et du soutien aux équipes de première ligne. Pour plusieurs responsables africains, cette flambée épidémique représente également un risque économique important pour la région, notamment à travers les perturbations potentielles des échanges transfrontaliers, des activités commerciales et des systèmes de santé déjà fragilisés.

Nervy Kadiebue

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