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RDC : l’IGF bascule vers un contrôle numérique des finances publiques

L’Inspection générale des finances (IGF) veut désormais miser sur un contrôle « systémique et intelligent » pour renforcer la surveillance des finances publiques en République démocratique du Congo. Cette nouvelle orientation stratégique a été présentée mercredi 20 mai 2026 à Kinshasa par l’Inspecteur général des finances-chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion de sa première année à la tête de l’institution.

Face aux médias , aux inspecteurs des finances et à plusieurs invités, Christophe Bitasimwa a dressé le bilan des actions menées depuis sa nomination intervenue le 7 mai 2025. Selon les chiffres communiqués par l’IGF, les missions de contrôle ont permis l’identification de près de 3.000 contribuables jusque-là considérés comme introuvables ou inactifs, ainsi qu’une augmentation de 52 % des prises en charge fiscales. L’institution affirme également avoir généré des avis de mise en recouvrement évalués à 432 milliard de francs congolais et récupéré près de 191,4 milliards de francs congolais de dividendes publics.

L’IGF rapporte en outre avoir établi 68 procès-verbaux d’infractions douanières pour un montant de 196,5 milliards de francs congolais. Des redressements fiscaux, douaniers et non fiscaux estimés à près de 2.000 milliards de francs congolais et 5 milliards de dollars américains auraient également été identifiés. Dans le domaine des dépenses publiques, l’institution fait état d’économies de près de 690 millions USD réalisées sur les remboursements des crédits publics.

Les audits réalisés dans 50 services administratifs et 72 entreprises publiques ont par ailleurs permis de détecter 38.597 agents fictifs et 1.007 doublons dans les fichiers de paie pour un impact financier mensuel estimé à 15,7 milliards de francs congolais. Le rapport présenté par l’IGF relève aussi plusieurs faiblesses persistantes dans la gestion des établissements publics, notamment des irrégularités dans l’exécution des dépenses représentant 33 millions USD, 1 million d’euros et près de 9.000 milliards de francs congolais.

Au-delà du bilan annuel, l’IGF acte surtout une rupture avec le modèle traditionnel de « patrouille financière », basé sur des contrôles physiques permanents dans les administrations et entreprises publiques. Christophe Bitasimwa estime que ce système montre aujourd’hui ses limites en raison de sa lourdeur opérationnelle et du faible maintien des résultats après le retrait des équipes de contrôle. L’institution veut désormais s’appuyer sur l’exploitation des données numériques, la traçabilité des flux financiers et l’interconnexion des plateformes publiques afin de détecter plus rapidement les risques de fraude et de mauvaise gestion.

Pour accompagner cette réforme, l’IGF prévoit un plan stratégique triennal 2026-2028 centré sur la transformation digitale, le contrôle basé sur les risques et le renforcement institutionnel. Le projet, dont le coût est évalué à 39 millions USD sur trois ans, prévoit notamment la dématérialisation des procédures administratives et l’acquisition d’infrastructures numériques. Selon l’IGF, 22 millions USD de financements seraient déjà disponibles, tandis que 17 millions USD restent à mobiliser.

Nervy Kadiebue

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