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mardi, mai 26, 2026
Afrique Économique

Commerce intra-africain : les coûts logistiques freinent l’essor du continent

Dans son rapport « Perspectives Afrique – T4 2025 », la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) souligne que des coûts de transport parmi les plus élevés au monde continuent de pénaliser les échanges intra-africains, compromettant l’industrialisation et l’intégration économique du continent.

Le rapport « Perspectives Afrique – T4 2025 » de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) met en évidence un paradoxe coûteux pour le continent : alors que l’Afrique dispose d’un potentiel économique considérable, le commerce intra-africain demeure pénalisé par des coûts logistiques parmi les plus élevés au monde. En cause, un environnement de transport encore inefficace qui freine l’industrialisation et affaiblit la compétitivité des économies locales.

Le document souligne que le prix élevé du transport de marchandises, conjugué à des contraintes structurelles — infrastructures vétustes, lenteurs administratives aux frontières, insécurité sur certains axes — renchérit fortement les échanges entre pays africains. Dans plusieurs corridors commerciaux, ces charges sont telles qu’il devient parfois moins coûteux d’importer des produits depuis l’extérieur du continent que de commercer avec un pays voisin. Une situation qui érode la compétitivité régionale.

Ces obstacles ont des conséquences directes : ils entravent la mise en place de chaînes de valeur régionales performantes, ralentissent l’émergence d’industries locales et découragent les investissements. Sur certains grands corridors terrestres, les files d’attente prolongées aux postes frontaliers et la faible performance des réseaux routiers et ferroviaires allongent les délais d’acheminement et alourdissent le coût final des produits sur les marchés.

Le rapport relève toutefois des signaux positifs. La modernisation de plusieurs postes frontières, la digitalisation des procédures douanières et le renforcement des capacités institutionnelles commencent à produire des effets, en réduisant certains surcoûts et en fluidifiant le transit des marchandises. Des progrès encore graduels, mais porteurs d’espoir.

Au-delà des accords commerciaux, Afreximbank plaide pour des réponses structurelles : investissements massifs dans les infrastructures (routes transfrontalières, corridors ferroviaires, ports modernisés) et déploiement de solutions financières innovantes, notamment le Pan-African Payments and Settlement System (PAPSS), destiné à simplifier et accélérer les paiements transfrontaliers en monnaies locales.

L’institution insiste également sur l’urgence d’accélérer la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Bien que ratifiée par la majorité des États, son impact reste limité en l’absence d’une intégration opérationnelle complète, notamment en matière de suppression des barrières non tarifaires et d’harmonisation réglementaire.

En définitive, si la dynamique commerciale interne du continent s’affirme et que son potentiel industriel demeure considérable, la question logistique reste un verrou stratégique. Les coûts de transport élevés ne relèvent pas seulement d’un problème tarifaire : ils constituent un frein majeur à l’intégration économique et à l’industrialisation durable de l’Afrique.

Nervy Kadiebue