Un nouvel accident est survenu mardi 3 mars sur le site minier artisanal de Gasasa, à proximité de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu. Selon des sources locales, cité par AFP, un glissement de terrain a enseveli une partie du site. À ce stade, aucun bilan officiel n’a été communiqué.
La société civile locale se dit alarmée, rappelant qu’un éboulement majeur avait déjà frappé ce même carré minier fin janvier, causant la mort de plus de 200 personnes, selon des sources locales et gouvernementales. Comme dans de nombreux sites artisanaux de la région, des centaines de creuseurs y travaillent sans équipements de protection adéquats, sur des terrains fragilisés par des années d’exploitation intensive.
Au-delà des risques géologiques, la zone de Rubaya est régulièrement citée dans des rapports d’organisations internationales et d’experts des Nations unies pour son importance stratégique dans l’exploitation du coltan. Ces rapports ont documenté l’implication du mouvement rebelle Mouvement du 23 mars (M23) dans le contrôle, la taxation ou l’influence sur certains sites miniers du Nord-Kivu, y compris dans l’axe de Rubaya.
Des rapports du Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC ont, à plusieurs reprises, évoqué l’utilisation des ressources minières comme source de financement par des groupes armés actifs dans l’est du pays. Ils font état de systèmes de taxation imposés aux creuseurs, de contrôle des axes d’acheminement du minerai et d’une imbrication entre acteurs armés et circuits d’exportation.
Dans ce contexte, des organisations de défense des droits humains ont également exprimé des préoccupations quant aux conditions de travail dans les mines artisanales sous influence de groupes armés, évoquant des risques d’exploitation, de travail forcé et de présence de mineurs sur certains sites non formalisés. Ces allégations sont régulièrement contestées par les groupes mis en cause, mais elles nourrissent les appels à un renforcement du contrôle étatique et à une traçabilité accrue des minerais issus de la région.
La recrudescence des incidents à Gasasa intervient ainsi dans un environnement sécuritaire et économique particulièrement fragile. Pour les acteurs de la société civile du Nord-Kivu, l’urgence est double : améliorer les normes de sécurité dans les mines artisanales et restaurer l’autorité de l’État sur des sites stratégiques, afin de prévenir à la fois les drames humains et l’exploitation illicite des ressources naturelles.
Le Duc









































