A la uneSports

Bakole–Yoka : simple revanche sportive ou rivalité désormais personnelle ?

Que se joue vraiment entre Martin Bakole et Tony Yoka ? Derrière l’annonce d’une possible revanche à Kinshasa, une rivalité ancienne refait surface, mêlant fierté, carrière et rapport de force.

La rivalité entre Martin Bakole et Tony Yoka refait surface avec une intensité inattendue. Quatre ans après leur affrontement marquant à Paris, les deux poids lourds se retrouvent au cœur d’une actualité brûlante, alimentée par des déclarations publiques, des échanges à distance et la perspective d’un combat revanche à Kinshasa. Derrière l’annonce sportive, une question s’impose : assiste-t-on à une simple relance de carrière ou à l’escalade d’un duel devenu personnel ?

Un combat fondateur… jamais digéré

Tout commence le 14 mai 2022 à l’Accor Arena de Paris-Bercy. Ce soir-là, Martin Bakole inflige à Tony Yoka sa première défaite professionnelle. Une décision aux points, nette, qui met fin à l’invincibilité du champion olympique de Rio 2016 et bouleverse la hiérarchie des poids lourds. Pour Bakole, ce succès agit comme un accélérateur de carrière ; pour Yoka, il marque une rupture.

Depuis, les trajectoires des deux boxeurs ont pris des directions opposées. Le Congolais a confirmé son statut en s’imposant face à des adversaires reconnus et en livrant des prestations solides sur la scène internationale. Tony Yoka, lui, a connu une période de turbulences, enchaînant deux revers supplémentaires avant de renouer récemment avec la victoire face au Russe Arslan Yallyev.

Possible règlement de comptes ?

C’est dans ce contexte que Tony Yoka a effectué un séjour remarqué à Kinshasa. Accompagné de son père et entraîneur Victor Yoka, le boxeur franco-congolais a publiquement relancé l’idée d’une revanche face à Bakole, cette fois sur le sol congolais. Une sortie médiatique assumée : « J’ai envie de prendre ma revanche. Je me sens prêt. C’est moi qui demande ce combat », a-t-il déclaré.

Reçu par le ministre des Sports, Didier Budimbu, Tony Yoka a évoqué la possibilité d’organiser un combat de grande envergure dans la capitale congolaise, présentant ce projet comme un rêve personnel et un symbole fort de son attachement à la RDC.

Mais cette initiative n’a pas été accueillie avec enthousiasme par Martin Bakole. Le boxeur congolais a rapidement réagi sur les réseaux sociaux, contestant certaines affirmations de son rival et rappelant que sa reconnaissance internationale repose sur ses propres performances. « Je suis respecté aux États-Unis parce que j’ai battu Jared Anderson. Et en Pologne parce que j’ai battu Mariusz Wach », a-t-il répliqué.

Surtout, Bakole a dénoncé une approche qu’il juge médiatique, invitant Tony Yoka à passer par les canaux officiels de son staff pour toute négociation sérieuse. Un message clair : pas de combat sans conditions, ni sans respect des procédures.

Une revanche aux multiples enjeux

Derrière cet échange tendu se dessine un combat à forts enjeux. Pour Tony Yoka, une revanche victorieuse serait l’occasion de relancer définitivement sa carrière et d’effacer la blessure symbolique de 2022. Pour Martin Bakole, il s’agirait de confirmer sa domination et de consolider son statut de figure majeure de la boxe africaine.

Quant à Kinshasa, l’éventuelle organisation d’un tel événement dépasserait le cadre sportif, avec des retombées médiatiques et économiques importantes, positionnant la capitale congolaise comme une nouvelle scène crédible de la boxe internationale.

Pour l’heure, aucune annonce officielle n’a été faite. Mais une chose est certaine : entre Bakole et Yoka, la rivalité n’a jamais vraiment disparu. Elle vient simplement de changer de ton — plus directe, plus exposée, et peut-être plus personnelle que jamais.

Nervy Kadiebue et Gédéon Tshangomba